vendredi 31 mai 2013

La laine des Causses du Quercy : une richesse à retrouver

 Entre genièvre et murs de « pierre sèche », entre buis et caselle imaginez… une troupe de caussenardes broute paisiblement les fines herbes rases, et arpente les « caretals ».  Un bruit … elles dressent leurs oreilles noires et nous dévisagent derrière leurs lunettes noires.

Dès l’époque romaine la laine des brebis du Causse était utilisée pour confectionner des matelas ; les cadurciens  (habitants de Cahors) dormaient déjà sur des sacs remplis de laine. Plus tard, au XVIII siècle, cette brebis était qualifiée de « bête à laine », on tirait de sa toison des « cadis » (étoffes plus solides qu’élégantes). Depuis les années 60, le cours de la laine s’est effondré avec l’arrivée des matières synthétiques, de la délocalisation et de la mondialisation. En 1980  le kilo de laine valait 12 F (1,82€) contre 0,40 € en 2010 (alors qu’une tonte revient à environ 1€ du kg de laine brute).

De ce patrimoine unique, éleveurs et amoureux de cette brebis et de son territoire se sont rejoints pour créer l’association « La Caussenarde » en 1998. Elle regroupe aujourd’hui des éleveurs, des fileuses, des tricoteuses, des artistes créateurs  et des amateurs qui se passionnent  pour la brebis caussenarde du Lot, son histoire, sa laine, la place qu’elle tient dans le paysage et la vie des Causses du Quercy.
C’est à partir de cette tradition lainière inscrite dans l’histoire du pays et de ce problème économique que l’équipe de la Caussenarde s’est fédérée. Son objectif est bel et bien de valoriser la brebis caussenarde grâce à des produits lainiers de qualité : matelas, couvertures tissées, couvertures piquées, fil à tricoter… et de constituer une filière laine cohérente et de proximité  avec les manufactures.


Dès 1998, soutenue par l’ATELIER  et aidée pour la collecte et le tri par Nicolas POUPINEL, la laine de La caussenarde du Lot est transformée dans les Alpes de Hautes Provence à la filature de Chantemerle en couvertures tissées et fil à tricoter. L’association renaît avec une nouvelle équipe, et  pour présidente, Caroline Baras, éleveuse de brebis à la ferme de Péchaud sur le causse de Marcillac /Célé.
Valoriser la laine,  passe par une sensibilisation du public et par une formation au tri de la laine.

«  Même si dans le Lot, les brebis du Causse sont plus nombreuses que les hommes, cela ne veut pas dire que cette race propre à ce terroir ne soit pas menacée, explique Pierre Réveillac ( éleveur et membre de l'association). Primitivement, on élevait cette brebis pour la laine, on privilégie maintenant la production de viande par des croisements Caussenardes/bélier Ile de France destinés à améliorer sa conformation bouchère au détriment d’un patrimoine génétique unique.

Depuis des dizaines d’années, le marché de la laine est mort. Cette ressource n’a plus de débouchés, donc plus aucune valeur. « La tonte finie, il ne suffit pas de prendre la toison, de la rouler et de la « balancer » dans un sac. En soignant la tonte, on valorise la laine qui se vend un meilleur prix ».

Au sein de l’association, 6 éleveurs et des bénévoles ont commencé un travail de tri de la laine sur cinq troupeaux de Caussenardes. Après une tonte propre, sans blesser l’animal et abîmer la laine, les toisons sont classées, les portions souillées ou tâchées par le marquage sont séparées de celles plus propres, tout comme les différentes catégories. La laine en suint non triée est payée 40 cts d’euro le kilo ; la laine triée, classée par catégories est vendue, dans la meilleure catégorie, 5 euros/kg en vente directe. « La Caussenarde ne produit pas de la mauvaise laine, simplement il y a de multiples utilisations pour différentes laines ».


Les qualités naturelles de la laine permettent des débouchés dans de nombreux domaines : isolation, literie, textile… « Notre association a été créée dans le but de valoriser la brebis Caussenarde grâce à des produits lainiers de qualité : matelas pour un sommeil sans allergie, couvertures tissées ou piquées, couettes, fil à tricoter… en constituant une filière laine cohérente et en tentant d’installer des circuits courts de transformation et de vente ».

Ce printemps, les éleveurs de l’association ont récolté 660 kg de laine. Triée et classée, elle a été envoyée à la carderie/filature de Philippe Desjobert à Boisset (Cantal) et « Au Fil de Laine » à Salles -Courbatiers dans l'Aveyron, pour la transformer en laine à matelas, mais aussi nappée pour les couettes et les couvertures piquées, une petite partie sera transformée en fil à la filature Terrade à  Felletin (Creuse)… Une moindre quantité de laine lavée a été gardée pour les fileuses de l’association. Ensuite, ce fil sera utilisé pour le tricotage, tissage, feutrage, teinture…
 « Ce que l’association défend ne rentre pas dans le cadre du folklore, la conservation de la Caussenarde dans son biotope est essentielle. Sa production a façonné le paysage du causse : murets de pierres pour limiter les parcelles, lacs de St Namphaise comme abreuvoir, entretien des herbages et des sous-bois… »

Filer et tisser la laine sont parmi les premiers gestes qu’apprit l’humanité, avec l’invention de la quenouille et de la navette. Françoise Dupéty, secrétaire de l’association « La Caussenarde », a replongé dans ses premiers amours, le filage, le tissage, le tricot. « Comme toute activité manuelle et artistique, le geste aide à structurer sa pensée, délasse et apporte beaucoup de plaisirs tactiles et sensoriels. La laine et le fait-main connaissent un véritable renouveau. Après le fuseau des bergères qui gardaient leurs brebis jusqu’au 19ème siècle, la vague «  soixante-huitarde » du retour à la nature, ce sont aujourd’hui des trentenaires qui viennent à nous pour affiner leur choix de travail, découvrir des gestes ancestraux et développer une dynamique des laines locales. Pour elles, la laine est un produit d’avenir. Les gestes pour le filage, le tissage sont les mêmes depuis la nuit des temps, pourtant cette jeune génération dans l’esprit du « Do it Yourself » (traduction littérale « faites-le vous-même ») apporte un incroyable coup de jeune. De la laine au fil, de la matière brute au produit fini, elles offrent des créations gaies, aux couleurs acidulées et aux formes rigolotes. En mélangeant différents matériaux, végétal, minéral etc…, elles explorent des pistes originales afin d’apporter de nouvelles perspectives à l’utilisation de la laine.  Notre défi est de démultiplier cette dynamique à travers des actions qui vont de la connaissance de la matière, à l’échange de savoir-faire en passant par  l’animation de manifestations et de formations. Nous sommes acteurs et non plus consommateurs passifs, nous saisissons toute la valeur de ce que nous créons, nous échangeons nos connaissances et nos informations, que nous soyons créateurs ou éleveurs ».



Donc depuis  quelques mois, tous les membres de cette association se fédèrent autour de cette même partition :
Organisation collective et entraide
Structuration de circuits courts de commercialisation
Expérimentation de pistes innovantes de transformation de la laine

« De son passé et de son territoire nous ferons de la Caussenarde notre avenir »
                              (Caroline Barras moutonnière à Marcilhac/Célé Présidente de l'association La Caussenarde)

jeudi 30 mai 2013

Laines Locales Réseau Limousin (partie II) : Mohair de Lo

Après avoir eu la présentation de l'association Laines Locales Réseau Limousin, avec Elise, voici Laurence la secrétaire de l’association, connue sous le nom de MohairdeLo .
Laurence élève des chèvres angora et aura un stand sur le festival. Elle vous fera découvrir sa production.


Pourquoi avoir choisi le mohair ?

J’ai tout d’abord choisi les chèvres! J’ai toujours été séduite par les biquettes, peut-être à cause de leur caractère... Je cherchais une production agricole, et j’étais attirée par l’élevage. Par contre, il m’était impossible de tisser une relation avec mes animaux pour finir par les envoyer à l’abattoir, cela aurait été pour moi trahir une confiance que j’avais mis des années à établir. C'est ainsi que j’ai découvert les chèvres angoras. Ayant toujours tricoté, cette production était au poil !!! Cette activité est très complète puisque suivant les jours, les moments de l’année, je passe d’agricultrice à artisan puis à commerçante. Le Mohair est une fibre vivante, avec des qualités exceptionnelles, c’est un bonheur à travailler.

Pourquoi le choix de vos qualités (mélange mohair et soie ou mohair) ?
Deux qualités différentes pour varier les ouvrages. Le Mohair et Soie est très léger, il permet des ouvrages vaporeux, les points ajourés lui vont à merveille. Le pur Mohair met en valeur un simple jersey.



Votre production est labellisée, quels en sont les critères ?
Parallèlement à une sélection génétique rigoureuse, six mois de soins intensifs sont nécessaires pour produire cette fibre. Après la tonte, les éleveurs procèdent à un tri méticuleux d' après la finesse. Cette finesse est ensuite vérifiée en laboratoire. Notre Label est la garantie d’un produit de qualité, contrôlé.

Quelle est votre production ?
Je propose des chaussettes, des gants, des écharpes, des plaids,... réalisés par des façonniers français. Pour celles et ceux qui préfèrent le "fait main", je propose des accessoires réalisés par moi-même. Mais surtout j’essaie de redonner le goût du tricot en proposant des modèles très simples ou plus compliqués suivant l’envie de la personne.
Le tricot est une source de plaisirs: on passe tout d' abord un moment agréable en réalisant l’ouvrage, quand il est terminé nous avons la satisfaction de l'avoir réalisé puis la fierté de dire "c'est moi qui l'ai fait!".

A qui vous adressez vous ?
Je veux m'adresser à toutes, aussi bien aux débutantes, qu'à celles qui ont abandonné depuis quelques années faute de temps, mais aussi aux expertes, qui veulent acquérir de nouvelles techniques ou qui cherchent de nouvelles idées.


Et le suivi des couleurs ?
Nous avons une gamme de 26 couleurs qui changent tous les 6 mois et c’est avec impatience que mes clientes attendent ces nouveaux tons, plus printaniers ou plus chaleureux. Le Mohair a une affinité particulière avec la teinture et son lustre rehausse les couleurs. Elles ne s’altèrent ni dans le temps, ni au lavage.

Qu'allez vous proposer au festival ?
Il me semble que les personnes qui seront présentes au festival seront des connaisseuses, je veux donc leur proposer de la matière afin de réaliser leurs rêves.
Pour les fileuses, je vais également proposer des toisons brutes de mes voisins moutons. Chaque région est attachée à ses races, le festival devient donc un lieu d’échange incomparable.

Quelles sont vos attentes ?
J’attends du Festival, deux jours d'échange et de partage, de bonne humeur, de rencontres.
La laine est une grande famille, basée sur le partage, le tout dans une ambiance chaleureuse et emplie de douceur.

Organisez vous des stages ? Des ateliers ? Des journées portes ouvertes ?
Chaque personne qui vient dans ma petite boutique à la ferme a la possibilité de faire connaissance avec mes biquettes, c’est toujours avec beaucoup de plaisir que je leur présente. C’est grâce à elles que tout le reste est possible, elles sont indispensables et méritent bien quelques caresses en remerciement !
Il y a la possibilité de stages, d’ateliers, d’interventions dans les écoles à la demande.

mercredi 29 mai 2013

Nouveaux ateliers : inscriptions ouvertes !

Instructions pour inscriptions en bas du post ! 

Création d’un savon feutré avec SylvchezPlum
Un savon feutré est un savon + un gant pour frotter intégré ! Vous créerez une housse qui recouvrira entièrement et sans couture le savon, colorée à votre goût.

Samedi & dimanche, 15:00 - 16:00
Atelier ouvert aux enfants dès 8 ans
10,50€ par participant


Freeform crochet avec Christine LeconteRéalisation d’un carré en crochet freeform (carré 20 cm x 20 cm)
Tout le matériel fourni

Samedi & dimanche, 14:30 - 16:30
Maximum 3 personnes
35€ / participant

+ démonstration informelle et explications sur le point bullion, en continu sur les 2 jours et ouvert à tous !

Atelier tricot pour enfants : “Une écharpe pour mon doudou” avec Elise RégnierL’enfant apprendra à tricoter le point mousse et pourra repartir avec le matériel afin de terminer son en-cours à la maison ou en vacances.

Samedi 13 juillet 16:00 - 17:30
Dimanche 14 juillet 11:00 - 12:30


Ouvert aux enfants à partir de 6 ans
4 à 8 participants
Matériel fourni (aiguilles à tricoter en bois artisanales, laine de pays)
27€/participant

Atelier pour enfants : initiation au feutrage à l’eau lors de l’atelier “Frotti Frotta” avec Dominique Rouffart !Feutrage à plat, en volume, création de pompons, boudins…

Samedi 13 & Dimanche 14 juillet
11:00 - 12:30 et 16:00-17:30 les 2 jours
12 participants, 5€

Pour toute inscription, merci de nous contacter par e-mail : lelotetlalaine [at] gmail [point] com

Les paiements se font par chèque à l'ordre de Rencontre et Partage, à envoyer à l'adresse : 
Anne Remond, présidente.
Association Rencontre et Partage
46330 Orniac


Merci de noter le nom du ou des stages choisis sur l’enveloppe et dans le courrier, ainsi que le ou les cours choisis.
Il est possible de faire un seul chèque pour de multiples inscriptions (plusieurs stages ou plusieurs participants) mais veillez à bien noter qui fait le paiement pour qui (avec nom prénom) et pour quels stages/ateliers (intitulés + horaires). Merci !

En cas d’empêchement, remboursement total jusqu’au 25 juin.

Laines Locales Réseau Limousin (partie I) : Elise Cyngiser

Le Limousin est un terreau pour qui aime le fil, du producteur à l’amateur des liens se tissent. Le festival nous permet une première approche de cette belle région à travers une association et deux jeunes femmes. 


Il y a peu, nous vous annoncions une fête de la laine au château de Peyras (le 26 mai). C’est un événement organisé par une association : Laines Locales Réseau Limousin. Elise viendra au festival cet été pour nous la présenter. Mais qui est Elise ?

 « Je suis une tricoteuse du Nord, qui est descendue en Corrèze depuis 1 an. Pour me faire des amies, j'ai monté un Café Tricot à Tulle qui a très bien marché cet hiver. Depuis, ce qui était une réunion informelle dans un salon de thé s'est développé : je programme des ateliers tricot dans des librairies de Tulle et Argentat, et dans des festivals : Concours de Tonte, au Dorat (près de Limoges 5 et 6 juillet, et bien sûr Le Lot et La Laine. Je suis très excitée!
Je me suis affiliée à l'Association Laines Locales Réseau Limousin par amour de la laine. J'en avais entendu parler par une amie, grande tricoteuse sur Ravelry. J'avais déjà parrainé l'acclimatation de moutons mérinos noirs du Portugal par l'association LAINAMAC à Felletin, dans la Creuse. Je me suis dit : "allons, les moutons locaux aussi ont droit à un coup de pouce!".


 "Laines Locales" se propose de développer toute la filière laine, dans la région Limousin, notamment par des actions de formation (sélection lainière, connaissance des races ovines, lavage, cardage, filage, teinture) et des actions de communication (par exemple sa participation au Village Laine, au Concours de Tonte au Dorat).

Je pense que la saison de l'été est propice aux nouvelles rencontres. Donc, après un hiver de tricot intense, réchauffée de chocolats chauds surmontés de chantilly, je suis ravie de prendre l'air et de participer à un festival dont on m'a dit tant de bien ! Il fera beau, les couleurs et les textures vont nous appeler irrésistiblement ! »

Si vous souhaitez en savoir plus : Laines Locales !
Vous pouvez retrouver Elise sur ravelry sous le pseudonyme lenastclair, et elle a crée un groupe Ravelry pour l'organisation des rencontres autour des arts de la laine, intitulé Tricot à Tulle.

Toute les photos publiées dans cet article ont été proposées par la personne interviewée. S'il y a une photo qui vous montre et si vous souhaitez qu'elle soit ôtée, n'hésitez pas à nous contacter !

Merci à Françoise (pinpenicaille) pour avoir réalisé l'interview !

vendredi 24 mai 2013

(Vi)laines : une naissance lors de la 1ère édition du festival


Bonjour (Vi)laines,

Tu as ouvert ta boutique un 21 septembre. De quelle année ? Qu’est-ce qui t’a donné l’envie de te lancer dans un tel projet ?
En fait, on peut dire quelque part que les (Vi)laines sont nées du premier festival Le Lot et la Laine. En effet, j'y étais en bénévole, et j'ai participé à un petit stage de teintures végétales à cette occasion. 
J'avais fini mes études de médiation culturelle à l'époque, et je cherchais un premier emploi, sans succès. Au bout d'un an de chômage, j'avais besoin de faire quelque chose, ne serait-ce que pour avoir l'impression de compter... Je me suis mise à réfléchir à ce que je pouvais faire de façon autonome et modulable, si jamais je trouvais enfin un emploi. J'ai tout de suite pensé aux arts de la laine, tricot, crochet, etc. A l'origine j'imaginais plutôt traduire des patrons de l'anglais au français et vice-versa. J'ai même suivi une formation sur le sujet. Mais dans le même temps, j'ai commencé à montrer ce que je 'coloriais' sur Ravelry, et les réactions positives m'ont amenée à me dire « Et si je faisais ça plutôt ?... ». Et me voici devenue teinturière indépendante après ce temps de réflexion et de recherche ! J'ai ouvert ma boutique Etsy le 21 septembre 2012, il y a 6 mois donc. Les (Vi)laines sont encore très jeunes !...

Explique-nous ton travail de la laine : Files-tu ? Fais-tu toi même tes teintures ? 

Je file, je tricote, je crochète, je tisse, je suis très touche à tout en fait !J'ai d'abord commencé par le tricot début 2009, pour décompresser durant des études assez éprouvantes. Deux ans plus tard, je me suis mise à crocheter et tout s'est accéléré : la même année, je me suis essayé au filage au fuseau et à la teinture, végétale d'abord (lors de la 1ère édition du festival Lot et Laine!), puis de synthèse. En effet, je trouve que c'est plus facile de contrôler le coloris recherché avec des colorants de synthèse, surtout en étant en appartement avec une petite cuisine et pratiquement pas de rangements possibles pour mes laines et encore moins mes teintures...
Cette année, je me suis aussi mise à tisser, avec un métier à tisser pliant à peigne envergeur, et j'avoue lorgner du côté des rouets, maintenant que j'ai déménagé pour un appartement plus grand avec de vrais rangements pour les (Vi)laines et mes péchés mignons !


Y a-t-il un moment particulièrement magique pour toi dans ton travail ? Si oui, lequel ?

Le moment le plus magique pour moi, c'est quand une nouvelle couleur naît : je la vois prendre forme dans la marmite, je rajoute un peu de ci, un peu de ça, et la voici encore un peu fripée et sombre mais bien présente déjà. Et puis alors qu'elle sèche, la couleur change, se révèle et gagne en personnalité... 
J'aime cet instant où les couleurs vivent vraiment !


D’après-toi, qu’est-ce qui te rend différente des autres qui travaillent dans le même domaine d’activité que toi ?
Avec les (Vi)laines, j'imaginais un monde un peu suranné mais mutin, dans l'esprit des Malheurs de Sophie, de la famille Addams (si, si), Matilda, Miss Charity... Qui ne regrette pas un peu son enfance, les rêves étranges et l'imagination débordante ? Qui ne se dit pas au moins une fois « C'était mieux avant ! » ? Et qui n'en a pas un peu marre d'être trop sage et polie, qui n'a pas eu envie de faire des bêtises, juste comme ça, même si on est adultes maintenant ?... C'est ça que j'avais envie de concrétiser avec les (Vi)laines.


Il y a trois grands thèmes de couleurs pour refléter les humeurs de la (vi)laine : Bêtises, Gourmandises et En école buissonnière. Les Bêtises, c'est quand elle met un malabar sous la table, quand elle joue avec les allumettes ou qu'elle mange la pomme de la maîtresse ; les Gourmandises, c'est quand elle pense aux cerises après l'école, à la chupa-chups du vendredi ou à la tarte tatin de mamie ; et quand elle est en école buissonnière, elle va avoir plein d'aventures et dresser un écureuil, chasser les ombres de la nuit ou danser avec les lucioles.
Ce petit monde, tiré de mon imaginaire et de mes lectures -je lis beaucoup de romans du XIXe siècle ou début du XXe, dont la littérature enfantine -, c'est, je crois, ce qui plaît le plus. On ne peut pas rester indifférent à des Petits mots dans une blouse grise, par exemple : même si on n'a jamais connu ça, on ne peut que l'imaginer !

Qu’attends-tu du festival Le Lot et la Laine ?
J'ai hâte d'être à nouveau au festival, c'était tellement agréable ce rassemblement en plein air, avec du soleil, une douce brise, de la verdure à perte de vue, une rivière riante, des moutons et de la volaille en vadrouille et plein de passionnées !
C'est un véritable vivier d'inspirations et d'enseignements : il y a deux ans, le festival m'avait motivée à filer et à teindre. Cette année, qu'est-ce que ce sera ? Ce qui est certain, c'est que chacun de nous reviendra du festival pleine de bonne humeur, d'inspiration et de connaissances sur les arts de la laine, de la tonte au tissage en passant par la culture des plantes tinctoriales, la fixation des couleurs, le filage au fuseau et au rouet, le tricot, le crochet et j'en passe... Il y a tant de choses à découvrir, et elles seront toutes rassemblées dans le Lot cet été !

Quels produits proposeras-tu au festival ?


Je proposerai une gamme assez large de fils, tant en grosseurs qu'en matières, pour convenir à tous les usages et préférences : ça va de la dentelle au gros fil aran, de l'alpaga au mérinos, en passant par le blue-faced leicester, qui est une laine douce et solide tout à la fois, avec un très beau lustre (j'avoue, c'est la laine que je préfère!). J'amènerai un peu de tout cela, ainsi que des fibres. Pour le moment, je ne propose que deux types de laines en ruban : blue faced leicester (encore lui!) et shetland, mais j'espère élargir ce choix d'ici juillet.
Merci de nous offrir toutes ces espiègleries hautes en couleurs !
A très bientôt au festival 



jeudi 23 mai 2013

Le papparazi au festival : Roule Taboule avec Bert Wils


C'est avec un plaisir immense que nous vous présentons le photographe officiel du Lot et la Laine 2013 : il est venu vers nous pour proposer un concept de photo décalé... qui, nous pensons, aura un succès sans égal ! Mesdames, Messieurs, voici Bert Wils !

Bert, quels sont tes plans? À quoi devons-nous nous attendre ?

Les visiteurs du festival sont invités à se faire photographier dans une « installation théâtrale ». Les photos sont imprimées sur place en format carte postale.
J’ai fabriqué un petit studio photo démontable et des accessoires spécialement imaginés pour la circonstance, qui permettent de prendre une pose amusante pour la photo. Que l’on pense à un panneau avec le nom du festival, un diadème de Roi Soleil, un serpent qui part d’une grosse pelote de laine, et bien d’autres dont je vous laisse la surprise. Les accessoires sont style bande dessinée et en couleurs claires.

Bref, ce sera très amusant pour tout le monde, jeunes et moins jeunes.

Quel équipement vas-tu utiliser?

A la base, j’utilise un Canon eos 400 Reflex, les photos sortiront d’une imprimante Epson.
Le cadre du studio est en tubes métal, c’est en fait une tente, dont l’intérieur est entièrement noir. L’extérieur ressemble à une traditionnelle tente d’armée.
Le toit de ce petit studio de campagne est en coton écru, ce qui laisse passer une lumière douce mais très claire pour bien éclairer la prise.

Comme artiste, tu es assez « conceptuel », qu’est-ce qui t’attire dans ce projet plutôt « terre-à-terre » ?

L’humour ! C’est le plus important. Chaque participant doit oser la « mise en boîte », choisir un accessoire avec lequel se laisser fixer sur la plaque sensible. Comme les accessoires sont en deux dimensions, plats, un contraste intéressant naît de la différence avec le sujet photographié lui-même. En plaçant chaque personne séparément dans un « cadre », je suis, en fait, en plein dans ma démarche conceptuelle. Car le plus important est le questionnement. Celui-ci doit être posé  de sorte qu’il soit possible de s’exprimer d’une façon unique. Il doit raconter quelque chose à l’artiste dont celui-ci ne savait rien à l’avance.

As-tu déjà organisé ce type d’évènement?

En plus de mes activités d’artiste, je suis responsable de la technique de théâtre et de cirque dans un grand cirque d’enfants aux Pays-Bas. Donc j’ai l’habitude d’organiser des activités pour et avec des enfants. D’ailleurs, en restant dans les coulisses moi-même, comme ici aussi.

Finalement, as-tu une quelconque affinité avec le tricot, le crochet, etc. ?

Ahah ! Depuis tout petit, j’ai été obligé de porter les costumes tricotés avec beaucoup d’amour par ma mère. J’en ai d’ailleurs des photos émouvantes.
Aujourd’hui, c’est ma femme qui a repris ce rôle, à sa façon. Je porte bonnets, écharpes, pulls, et, s’il le faut, aussi chaussettes tricotées main. En juin 2012, j’ai accompagné Nathalie au Knit-In-Public-Day, organisé au Vondelpark d’Amsterdam, et j’en ai fait un reportage photos. L’ambiance bon enfant et enthousiaste de ce type d’évènement me plaît énormément.

Merci à Bert de se prêter au jeu de l'interview et à Nathalie (Naha pour les raveleuses) pour l'avoir poussé vers nous !

mardi 14 mai 2013

Geneviève Noireau : feutrière du Lot


Nous aurons le plaisir d'accueillir au festival  une artiste feutrière d'un département voisin du Lot : Geneviève Noireau qui vient de Caussade dans le Tarn-et-Garonne.

Comment es-tu arrivée au feutre, as tu suivi des stages ou bien es tu autodidacte ?

Depuis bien des années je fais de la couture, de la peinture sur soie, travaux d'aiguilles...
Mais en 2004 j'ai eu la chance de rencontrer une feutrière : Annelie Petitqueux et c'est l'aventure feutrée qui commence ... j'ai fait un stage puis des rencontres de feutrières et d'autres stages ...

Quelle laine utilises-tu ? Quelle est ta technique préférée pour feutrer ?
Pour mes réalisations en feutre j'utilise particulièrement de la laine Mérinos.
Je fais du 'Nuno' qui veut dire 'tissus' en japonais. J'y incorpore de la soie que je peins, du lin, du coton….
Toutes ces matières naturelles donnent des effets très intéressants et surprenants, vous verrez tout cela au festival ! ...
 
Quel est l'accessoire que tu créés le plus ? Quelles sont les couleurs qui t'attirent dans tes projets ? Tes sources d'inspiration ?

Je crée des accessoires tels que écharpes, chapeaux, sacs, mais je fais également des vestes et gilets.
Je dispose d'une palette de couleur très variée. Je mélange mes laines entre elles et j'y incorpore d'autres matériaux.
C'est en voyant une couleur, un tissu, un vêtement, une photo... que les idées germent et prennent formes en faisant des assemblages de couleurs et de matériaux.

Ou peut-on voir tes créations ?

On peut trouver quelques unes de mes créations sur ce site, ou d'autres plus récentes dans ces boutiques :
-"art laine" à Cahors (Lot)
-"La cerise sur le cadeau" à Castelsarasin (Tarn-et-Garonne)
Cet été je serai juillet et août à Séverac le château ... et le 13 et 14 juillet je serais au festival "Le Lot et la Laine" !!!

samedi 11 mai 2013

In the loop, le webzine avec de la laine à l'intérieur



Pour le festival 2.0, nous innovons ! Bienvenue à un trio de passionnées, créatrices de Intheloop (en anglais, signifie "dans la boucle/maille"), un webzine (magazine en ligne) participatif. A l’origine, trois tricoteuses-bloggeuses passionnées ayant envie de partager leurs connaissances avec le plus grand nombre! Le webzine est gratuit, et les contributions son bénévoles... Et la qualité des articles publiées est au rendez-vous : tendances de saison, tests de laines, explorations de techniques diverses et variées...

Qui sont les trois "loop"iennes (loopiotes?) ? Je leur laisse se présenter elles-mêmes :

Bintou :
A partir du moment où j’ai commencé, j’ai été très vite attirée et passionnée par les arts de la laine grâce cette opportunité un peu magique que me permettent le tricot et le crochet : avoir la possibilité de pouvoir travailler des matières naturelles et de créer des ouvrages uniques. Rapidement, je me suis plongée dans le monde virtuel du tricot/crochet, et j’ai également ressenti le besoin de m’intéresser et partager avec des personnes du monde entier réunis par cette même passion. Force a été de constater que pour les personnes parlant plusieurs langues, ce partage était beaucoup plus accessible que pour d’autres, car de nombreux sites et blogs et patrons sont en anglais. C’est de ce constat et de cette envie de partage, qu’est né le webzine Intheloop. Pour permettre à chacun, qu’il soit passionné par les matières, par des techniques, ou alors tout simplement admiratif de ces arts, d’accéder à un lieu de partage et d’échanges sans parti pris. Intheloop c’est nous, mais c’est également vous, partagez vos avis, expériences et témoignages sur le site, contribuez, suivez les actualités, refilez les bons plans à vos connaissances, ce site est participatif, alors rejoignez-nous !!

Caroline :
Ce sont les blogs et le réseau Ravelry qui m’ont fait découvrir le tricot et ses multiples facettes. J’ai appris seule, avec un livre et j’ai longtemps tricoté « tout à l’envers » sans m’en rendre compte (depuis je me suis rééduquée !) Puis il m’a semblé essentiel de montrer mon travail et de le partager au travers de mon blog. Cette expérience d’un univers bienveillant et plein d’entraide avec des lecteurs toujours enthousiastes m’a apporté beaucoup de confiance. Ces derniers temps les rencontres avec d’autres passionnées m’ont données l’envie de créer une véritable communauté. J’aime particulièrement collectionner les laines venues du monde entier dans des matières nobles teintes par des dyers indépendants. J’en recherche sans cesse de nouvelles et j’aime l’idée de créer la tendance et de soutenir leurs entreprises qui sont souvent à toute petite échelle. J’aime les designers originaux qui recherchent l’épure et la simplicité de la forme avec juste ce qu’il faut de détail technique pour rendre le projet intéressant. J’aime que la modernité bouscule un peu la tradition. Mais je suis au fond très classique. J’espère continuer à apprendre et à découvrir grâce à vos contributions.

Elise :
Partager la connaissance a toujours fait partie de ce qui me motive, m’anime, et ça, depuis les tout débuts d’internet. Plus j’échange, j’apprend et je transmet, plus je me sens épanouie. Et en plus, on rencontre plein de personnes géniales ! Je suis principalement en charge du site, d’un point de vue technique, design et maintenance donc si vous remarquez un bug, pensez à m’en parler ! Mon dada se centre sur la pédagogie autour des arts de la laine, la découverte de nouvelles techniques surprenantes, et la traduction de patrons anglais. J’espère pouvoir rencontrer encore plus de passionné(e)s, apprendre avec vous, et partager ma passion.

Intheloop a également réuni plusieurs contributeurs, qui ont généreusement partagé leur temps et leurs écrits pour faire vivre le webzine !
A très vite au Le Lot et la Laine !!!

mardi 7 mai 2013

Une revenante : Atelier du Chat Noir et ses laines magiques


Roulement de tambour... C'est une magicienne que nous allons vous présenter aujourd'hui !

Christie va nous faire l'honneur de quitter ses montagnes jurassiennes et son "Atelier du chat noir", "une ancienne ferme aux allures de "cabane", au beau milieu de la forêt, à des kilomètres de la première habitation", pour participer à la grande fête que va être le second Festival "Le Lot et la Laine" !
Aventurons-nous dans l'univers secret de la créatrice et découvrons-la ensemble...

Christie mélange, teinte, file et retord des fils étranges, des matières originales et précieuses comme l'angora, la soie, le bambou, le soja, pour créer des laines absolument uniques. De ses mains naissent alors des créations, tricotées ou tissées, fabuleuses qui nous plongent dans un univers laineux de chaleur et de magie !

Ce qui est frappant lorsque l'on visite son blog, c'est son tempérament d'artiste qui s'exprime à travers ses multiples créations, mais aussi par la façon qu'elle a de les mettre en scène et en valeur. Dans l'atmosphère très feutrée et sombre de son antre, les fils aux multiples coloris scintillent, nous émerveillent ! Qu'il s'agisse de laines filées, de petites créations tricotées ou de tissages, tout est beau, original, étonnant dans L'Atelier du chat noir !


Christie, parle-nous un peu de ton parcours :
"Mon parcours professionnel est, comment dire -euh-, quelque peu éclectique : j'ai fait des études d'histoire de l'art, d'arts plastiques et enfin d'archéologie à l'université... Pour découvrir finalement que j'étais beaucoup trop casanière pour courir le vaste monde à la recherche de trésors perdus... (J'avais et j'ai toujours le mal de mes montagnes...)

J'ai donc opté pour quelque chose de totalement différent et suis devenue "fermière", à la tête d'une exploitation de vaches laitières... Le monde agricole étant un milieu rude et en souffrance, j'ai abandonné, n'ayant pas vraiment le temps de m'occuper de mes deux enfants (à l'époque, aujourd'hui, j'en ai quatre)… et depuis, je travaille dans le milieu médical, uniquement le week-end, ce qui me laisse le champ libre pour m'occuper de ma famille (mes enfants sont ma priorité) et pour créer... J'ai également quelques petits moutons et de chèvres angora dont les jolies toisons sont utilisées pour la création des nappes de fibres et mes laines filées.

Je suis venue au filage (ayant toujours été en contact avec l'univers du mouton, car étant petite, je courrais les alpages avec mon papa qui était berger) car je restais sur ma faim avec les fils du commerce qui n'étaient jamais assez... ou bien alors trop... La révélation pour moi (et pour d'autres en France, sans doute), ce fut de tomber, par hasard sur le site de Laurence et ses "Laine zinzin"... Un vrai coup de foudre ! C'était comme une évidence ! Je me suis donc acheté mon premier rouet en 2007 (pour Noël) et en route pour l'aventure... C'est devenu une véritable addiction et remplissant mes armoires de laines encore et encore, je me suis décidée à vendre ces créations (car je tricote beaucoup moins... pas le temps) sur etsy, sur Alittlemarket.



Comment pourrais-tu qualifier ton style ?
"Mon style : je dirais tout en dualité et ambivalence, un peu comme Janus et ses deux faces... J'adore les laines décalées, très personnalisées, avec beaucoup de matières, de recyclage et du noir, très noir (j'aime le sombre)... et en parallèle, je file des choses toutes fines et toutes lisses (que je travaille rarement, que ce soit au tricot, au crochet ou au métier à tisser... celles qui me plaisent, ce sont les premières...).
Mon inspiration : le quotidien (un peu spécial du fait de mon isolement : je côtoie plus facilement les animaux sauvages qui rôdent autour de la maison que "le monde civilisé"), une lumière sur la montagne le soir, le parfum d'une fleur... Mais aussi l'actualité... Un livre, une image, une chanson... tout est prétexte à la création...

jeudi 2 mai 2013

Ateliers de teinture Naturelle (samedi 13)

Nous avons le plaisir de proposer deux Stages de Teinture de laine en Couleurs Végétales le samedi 13 juillet 2013 à l'écomusée de Cuzals.
Ils seront proposés par Fredéric Boyer, Paysan des Couleurs ; il est jardinier et cultive des plantes tinctoriales en agriculture biologique dans le Tarn (81).

Stage 1 : Teinture de laine en bleu Indigo.
10h30-12h30 : initiation et découverte autour de la teinture à l’indigo, montage d’une cuve de teinture ; conseils et diffèrentes étapes…
17h15-18h15 : échange pratique, discussions et finalisation du stage (rencontre avec le groupe stage 2 de l’après-midi).

Stage 2 : Teinture Végétale avec des plantes tinctoriales (rouge, jaune…)
14h30-16h30 initiation aux teintures naturelles avec des couleurs végétales (hors indigo).
17h15-18h15 : avec le groupe Indigo (du matin), observation, échanges et conseils pratiques.

15 places max pour chaque atelier ; public adulte.
30e par stage. Tout le matériel est fourni.

Les inscriptions à tous nos ateliers sont aussi possibles via FB et mail : lelotetlalaine@gmail.com